Kriegspiel! pions et figos

Blog d'histoire et de jeu

01 novembre 2007

Le Firefly

Hop. Suite à une inspiration après avoir parcouru un certain forum de jeu seconde guerre mondiale, j'ai eu l'idée de faire une mini fiche technique du Firefly que je viens de peindre. J'y ajouterai ensuite les caractéristiques du char présentes dans Deux règles que je pratique.

Le Sherman Firefly


Firefly_photo_03


poids: 33-36 tonnes selon les variantes
longueur:5.89m
largeur:2.75m
hauteur:2.62m
Blindage maxi: 89mm sur la tourelle
Armement: Canon de 17pdr (76.2mm), mitrailleuse coaxiale de 7.62mm et mitrailleuse antiaérienne de 12.7mm.

Le Firefly est apparu en 1944, dans les divisions blindées britanniques. En effet, peu de chars alliés étaient capables de rivaliser avec les chars lourds allemands, Panther et Tigre. Même si le Firefly ne fut pas mieux blindé qu'un sherman ordinaire, sa puissance de feu était un atout incontestable. il était en effet capable de pénétrer le blindage frontal d'un Tigre à 1000m, et à plus de 2000m en fin de guerre grâce à une meilleure munition APDS.

Firefly_photo_01

Les Anglais ont fabriqué le Firefly à partir des versions M4 et M4A4 des sherman. Au total, plus de 2000 Firefly ont été construits.

Anecdote de taille: c'est un firefly du A Squadron, 1st Northamptonshire Yeomanry, 33rd Armoured Brigade, qui détruisit le Tigre de Witmann le 8 Août 1944.

Wittmann_Tiger_007
restes du Tigre 007 de Witmann


Le Firefly dans le jeu d'histoire

Petite nouveauté de ma part ici: je vais tenter d'expliquer l'intérêt d'un véhicule/unité dans 2 règles de jeu que je pratique.
Tout d'abord Flames of war: dans cette règle, il s'agit pour le char cible de faire plus que la valeur antichar du blindé qui a tiré. Prenons exemple d'un char Tigre (ben voyons). Notre Tigrou a une valeur de 9 de blindage frontal. Le Firefly a 13 de puissance antichar. Ainsi, à courte portée, le Tigre doit ajouter la valeur d'un dé à 6 faces à celle de son blindage, et faire strictement supérieur à 13 pour être tranquille. Bref, il doit faire 5 ou 6 (donc 5+) pour s'en sortir. soit une chance sur Trois.
Ensuite, le Firefly doit confirmer la destruction par un test de puissance de feu (firepower), qui représente la qualité et la puissance de l'obus. Celle-ci est de 3+. Il doit donc faire 3 ou plus avec un dé à 6 faces pour confirmer la destruction du Tigre. Au total, le Tigre a 33% de chances d'y rester.
Au total, on a donc un bon char tueur. Son défaut: il est fragile, car il est aussi blindé qu'un char moyen. or tous les chars allemands en fin de guerre ont de quoi le mettre rapidement hors de combat. Bref, il faut l'utiliser intelligemment.

A Blitzkrieg: ici, le firefly doit ajouter sa puissance antichar (ici 9) à la somme de 2 D6, et faire plus que la valeur de blindage du Tigre, ici 16. Ainsi, si le Firefly a touché, il devra faire 8+ aux dés pour détruire directement le char tigre. Après un petit calcul, cela donne 41% de chances de destruction.
Là encore, il est très fragile, moins que dans flames of war, mais il est également comparativement beaucoup plus cher, en fait plus qu'un Tigre. C'est le contraire à Flames of War. Pourquoi? tout simplement parce qu'il est plus rapide, donc plus manoeuvrant, et dispose d'équipements intéressants, comme le stabilisateur, qui permet de tirer en mouvement; il est donc un peu plus difficile à toucher. Ajoutez-y sa bonne bonne probabilité de détruire le tigre ( à l'opposé, ce dernier n'a que 28% de chances de détruire le firefly) et vous savez  ce qui explique son coût supérieur.



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17 juin 2007

[Histoire] La bataille de Magenta

Comme promis, voici un historique de la bataille de Magenta, qui se déroula le 4 juin 1859.


bataille_magenta

Bataille de Magenta (4 juin 1859)
   
d'après le tableau d'Adolphe Yvon (Musée de Versailles)

De l'improvisation à la "grande victoire"

Je commencerai par citer un extrait de la dépêche rédigée au soir de la bataille par Napoléon III à l'impératrice Eugénie: "Aujourd'hui, 4 juin, l'armée devait se diriger sur Milan, en passant par les ponts jetés à Turbigo et par le pont de Magenta. L'opération s'est bien exécutée; mais l'ennemi, qui avait repassé le Tessin en grand nombre, nous a opposé la plus vive résistance. Les débouchés étaient étroits. La garde impériale a soutenu le choc à elle seule pendant deux heures.[...]
Les généraux Mac-Mahon, Régnaud de Saint Jean d'Angély, le maréchal Canrobert et le général Vinoy se sont couverts de gloire."
Pourquoi citer un tel extrait? Les première et dernière phrases sont très intéressantes: certes on termine sur la gloire de l'armée française, cependant on avait commencé sur un simple mouvement des troupes françaises; la "résistance" n'aurait pas due être aussi importante; en fait elle devait être considérée comme inexistante par l'état-major français. Cela sous-entend une faiblesse grave des opérations de reconnaissance, et par conséquent une bataille livrée dans l'improvisation.

Deux armées qui vont se rencontrer

Dans l'esprit de Napoléon III, la journée du 4 juin devait être consacrée à la manoeuvre des troupes, en vue d'un affrontement pour le 5. Il avait ainsi prévu une progression le long des deux rives du Tessin: Mac-Mahon à gauche, La garde à Boffalora, les 1er, 3e et 4e corps à droite, et l'armée sarde en réserve derrière Mac-Mahon.

Napoléon avait prévu d'être au pont de San Martino vers midi, et y faire passer l'infanterie de la garde. Dans le même temps, les différents corps se mettent en marche pour traverser le Tessin, mais sans grande hâte. Il convient de mentionner ici l'absence de reconnaissance en avant...

Conséquence logique: Magenta fut une bataille de pure rencontre, sans véritable objectif, et avec une partie des troupes disponibles.

Troupes françaises: 12 brigades (sur 28), soit au maximum 47000 hommes, 1200 cavaliers, et environ 90 canons.

De leur côté les Autrichens sont épuisés, et ont un moral plus que chancelant depuis les premiers combats. A ce propos, les officiers semblent avoir voulu consacrer cette journée au repos des troupes... Du côté de Magenta, ils disposent de 30000 hommes des 1er et 2e corps. Les 7e et 3e corps ne sont guère éloignés, entre 5 et 10km plus au sud. Au total, les Autrichiens peuvent disposer de plus de 57000 hommes.

soldats autrichiens en 1859 (source Knötel)

knoe04_50

 

Les affrontements du 4 juin

carte de situation de la bataille
batmagenta6

Mac-Mahon se mit en branle à Turbigo dès 5 heures du matin, avec la division du général Espinasse; lui-même quitta le bivouac à 9h30. Les Autrichiens échangèrent rapidement des coups de feu, mais leurs avant-gardes à Casate et Cuggiono tombèrent entre 11h et midi. Si Mac-Mahon avait déployé des troupes en reconnaissance, il aurait compris qu'il n'avait alors que 2 brigades autrichiennes en face de lui (les brigades Baltin et Koudelka); 2 autres sont en retrait, en réserve. Se croyant face à toute l'armée adverse, Mac-Mahon décida de réorganiser son déploiement, alignant ses divisions, en contact les unes avec les autres. Cette manoeuvre le força à délaisser Boffalora, alors que les Autrichiens ne cessèrent de s'y renforcer pour contrer l'avance des troupes de Saint Jean d'Angély.

 

Depuis la fin de la matinée, les troupes de la garde faisaient le coup de feu sur la rive du Tessin, en direction de Boffalora et Ponte Nuovo. Vers 13h30, entendant le bruit des combats à Boffalora, Napoléon III crut que MAc-Mahon était en mauvaise posture, décida d'opérer une diversion en envoyant la garde prendre ces 2 villages d'assaut. Cependant, les ponts sont coupés et les troupes ne peuvent dépasser les villages; de plus, à cette heure-là, Mac-Mahon a déjà commencé son redéploiement, et, dès lors, la division Mellinet de la garde se retrouve à 1 contre 2, et déjà les troupes du 7e corps se rapprochent. Les troupes de la garde sont débordées, mais résistent avec énergie.

Tableau de Doré, Assaut français à Ponte Nuovo
magenta01

C'est alors que les troupes du 3e corps du maréchal Canrobert arrivèrent, pressé par les courriers envoyé par l'empereur, qui avait un besoin urgent de troupes fraîches. Il était déjà 16h passées. Il envoya immédiatement la division Picard vers le Sud, en direction de Ponte Vecchio. Cette arrivée remotiva les troupes de la garde, épuisées. Picard prit le village, peu avant de tomber face au 3e corps autrichien de Schwarzenberg, nouvellement apparu sur le champ de bataille.
Il fallut l'arrivée des troupes du 4e corps de Niel pour commencer à voir s'opérer un tournant en faveur des Franaçis: Il permit de dégager les abord du pont ferroviaire sur le canal, et désormais les troupes françaises commencèrent à progresser le long des deux rives du canal; les Français avaient l'avantage au corps-à-corps sur des Autrichiens épuisés, et qui devaient divertir une part sans croissante de leurs troupes pour contrer l'avance de Mac-Mahon. Bref, de ce côté-ci du terrain, les Autrichiens se replièrent.

Et du côté du 2e corps de Mac-Mahon?
Il reprit son avance vers 16h30, avec le 2e corps magnifiquement étalé sur un front de 5km. Sur son flanc gauche, la division Espinasse devait se diriger vers Magenta; elle se heurta rapidement aux brigades autrichiennes. Sur le flanc droit, les troupes françaises une fois Boffalora dépassé,  avancèrent vers Magenta: tout le 2e corps s'apprêtait, vers 18h, à tomber sur les Autrichiens retranchés à Magenta, et qui combataient avec acharnement au corps-à-corps. Peu après 19h, le général Espinasse, menant l'assaut à l'Est de la ville, fut mortellement touché par une balle. A partir de 20h, les Autrichiens finirent par abandonner les lieux.

Bilan:
4535 Français et 10226 Autrichiens
hors de combat, dont près de 4500 prisonniers.

Le mot de la fin:
-commandant Schmitz, officier d'ordonnance de Napoléon III: "la bataille de Magenta comptera parmi les plus glorieuses victoires qu'ait remportées l'armée française."
-Maréchal Gyulai à l'empereur d'Autriche-Hongrie: "Je crois pouvoir dire avec certitude que l'ennemi a chèrement acheté la possession de Magenta, et qu'il rendra à l'armée de votre majesté la justice qu'elle a cédé devant un ennemi également valeureux, après une lutte héroïque."

Sources principales:

Bourgerie Raymond, Magenta et Solférino (1859); Napoléon et le rêve italien, Paris, éditions Economica, 1993

Klarmann Philipp, "Magenta", article traduit par Luc olivier, présent dans le Vae Victis n°73, mars-avril 2007

Posté par sebastosfig à 16:36 - époque contemporaine - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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